

Depuis quelques années, de nombreux Canadiens se sont découverts une passion pour l'observation de la nature. L'observation des oiseaux est devenue une source de loisirs importante. De la même façon, l'observation des papillons diurnes constitue une option intéressante pour tous ceux qui aiment observer, photographier ou étudier les papillons mais qui ne partagent pas nécessairement la passion de la collection.
L'observation des papillons diurnes à l'oeil nu est souvent possible, mais elle peut également comporter sa part de frustrations. L'identification sur le terrain des papillons diurnes, en particulier des petites espèces plus ternes, exige beaucoup de patience et de chance. Avec l'expérience, cet exercice devient cependant plus facile, quoique certaines espèces se laissent très rarement observer de près.
Heureusement, la technologie vient à notre secours. Comme pour l'observateur d'oiseaux, les jumelles constituent un outil indispensable pour l'observateur de papillons, car elles permettent d'observer les papillons à distance sans les effrayer. Pour l'observation des papillons, les meilleurs modèles sont ceux qui allient faible grossissement (6 à 8 fois) et distance de mise au point minimale (5 à 6 pieds). De plus en plus d'observateurs d'oiseaux se tournent vers l'observation des papillons, y trouvant de nouveaux défis à relever.
Un filet demeure un outil fort utile même pour celui qui n'a pas l'intention d'amasser une collection. Les papillons peuvent ainsi être capturés, manipulés (ou placés dans un pot transparent) et observés de très près. Bien qu'ils soient fragiles, les papillons peuvent être saisis délicatement par le thorax, puis relâchés sans problème. De nombreux vulgarisateurs utilisent ce procédé pour initier leur clientèle au monde des papillons. La plupart des distributeurs d'équipement scientifique vendent des filets.
La photographie des papillons fait de plus en plus d'adeptes. Les appareils photo modernes sont suffisamment légers et polyvalents pour permettre aux débutants de réaliser de bons clichés de papillons au repos ou se nourrissant de nectar. L'appareil photographique est également devenu un outil essentiel pour décrire les stades immatures, car chez de nombreuses espèces, même parmi les mieux connues, ces stades n'ont jamais été photographiés correctement.
Pour réaliser de bonnes photographies de papillons diurnes, il faut bien sûr être patient, mais aussi utiliser le bon équipement. Un bon appareil reflex mono-objectif est un élément indispensable. Ces appareils sont habituellement plus dispendieux que les appareils à développement instantané (ex. télémètre) couramment utilisés, mais les résultats valent l'investissement. Le choix de l'objectif est particulièrement important. Il faut rechercher un objectif qui procure un grossissement maximal, une bonne profondeur de champ et une bonne quantité d'éclairement. La plupart des appareils photo sont munis d'un objectif 50 mm. Cette mesure correspond à la longueur de la lentille et indique la distance de mise au point ou de focalisation. Cette distance est cependant souvent trop élevée pour fournir une image suffisamment grande du papillon. Il est possible d'ajouter des bagues-allonges ou des soufflets, mais ces dispositifs sont encombrants, et les résultats manquent souvent de netteté. Les téléobjectifs munis ou non d'un zoom permettent d'obtenir des gros plans des papillons sans les effrayer, mais elle oblige le photographe à travailler à distance. Les macro objectifs sont particulièrement recommandés pour la photographie des papillons diurnes. Ce type d'objectif permet à l'utilisateur de s'approcher très près de son sujet (dans le cas des macro objectifs plus petits - 50 mm - la distance de mise au point est parfois trop faible, et les papillons sont souvent effrayés). Plus le macro objectif est long, plus il permet d'obtenir une image très précise sans avoir à trop s'approcher du sujet. Évidemment, le poids d'un objectif dépend de sa longueur. Les macro objectifs de 100 à 200 mm donnent habituellement d'excellents résultats.
Le type de film est le troisième facteur à considérer. Épreuves ou diapositives? À ce chapitre, il convient de rappeler qu'il est toujours possible d'obtenir des épreuves à partir de diapositives. La sensibilité du film, exprimée par une valeur numérique d'ASA, est un autre critère dont il faut tenir compte. Cette valeur varie proportionnellement à la quantité de lumière nécessaire à l'obtention d'une juste exposition. Les films moins sensibles (faible valeur d'ASA) donnent une image plus nette et reproduisent habituellement plus fidèlement les couleurs.
Le type de film choisi variera également selon qu'on prévoit d'exploiter la lumière naturelle ou d'utiliser un flash. Chaque photographe de papillons a sa propre opinion sur la question. L'utilisation d'un flash (et d'un film peu sensible) permet au photographe de travailler dans pratiquement toutes les conditions d'éclairement, y compris par temps nuageux ou à la tombée du jour, et procure une meilleure profondeur de champ. En contrepartie, presque tout l'arrière-plan est assombri. Les adeptes de la photographie sous éclairage naturel estiment qu'il est plus difficile de réaliser de bonnes photographies dans ces conditions et que les résultats obtenus reflètent davantage la réalité. Si vous optez pour ce type de photographie, attendez-vous à utiliser une plus grande quantité de films, car les résultats sont plus incertains. Le choix vous appartient! Vous pouvez même combiner les deux techniques.
Pour pouvoir s'approcher suffisamment d'un papillon pour le capturer au filet, l'observer ou le photographier, il faut développer certaines habiletés. Grâce à leurs yeux composés, les papillons diurnes ont un angle de vision de 180 degrés et sont donc difficiles à surprendre. Il faut savoir être patient. Il est toujours préférable d'approcher un papillon par l'arrière, de manière à profiter de l'écran formé par les ailes du sujet lui-même ou par la végétation. Les papillons se laissent généralement approcher plus facilement lorsqu'ils sont occupés, par exemple lorsqu'ils se nourrissent de nectar ou se désaltèrent sur le sol humide. Ils sont parfois si absorbés par leur activité qu'ils se laissent toucher sans s'envoler. Un des auteurs a eu l'occasion d'observer un tel comportement au Québec, alors qu'il s'approchait avec d'infinies précautions d'un attroupement de lutins mystérieux (Erora laeta), une espèce rare, réunis autour d'une petite mare de boue sur un petit chemin de campagne. Certains lutins lui ont même marché sur les doigts à la recherche de sels laissés par la transpiration.
The Audubon Society Handbook for Butterfly Watchers, de Robert Pyle, est de loin la meilleure source de renseignements pour quiconque souhaite s'adonner à l'observation des papillons de jour.
© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.
La Toronto Entomologists' Association remercie Agriculture et Agroalimentaire Canada d'avoir fourni le contenu et le code informatique de cette page web.