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Banque d'espèces | Papillons diurnes

Classifications des lépidoptères

Les systèmes de classification actuels (p.ex. Kristensen, 1984) scindent l'ordre des Lépidoptères en quatre sous-ordres, dont le plus évolué, les Glossata, renferme à lui seul plus de 99 % des tous les Lépidoptères. Les espèces du sous-ordre des Glossata, essentiellement les papillons diurnes et nocturnes, possèdent une trompe repliée sur elle-même (haustellum) qu'elles utilisent pour aspirer le nectar. Les espèces de ce groupe (à l'exception de quelques rares familles très primitives) possèdent également des écailles creuses sur les ailes, ce qui accroît leur aérodynamisme. Les trois autres sous-ordres (Zeugloptera, Aglossata et Heterobathmiina) ont des pièces buccales primitives de type broyeur semblables à celles des Trichoptères, et les écailles qui recouvrent les ailes sont solides. Chacun de ces sous-ordres est représenté par une seule famille, dont la plupart des espèces habitent le sud de l'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. La plus primitive de ces familles, les Micropterigidae, du sous-ordre des Zeugloptera, compte un certain nombre d'espèces dans l'hémisphère Nord, dont deux au Canada.

Le sous-ordre des Glossata est à son tour subdivisé en quatre groupes appelés infra-ordres, dont le plus évolué, les « Heteroneura », renferme 99 % des espèces. Les trois autres groupes sont représentés par seulement quelques espèces dont la répartition est essentiellement méridionale. Le terme « Heteroneura » renvoie au fait que les nervures des ailes postérieures sont peu nombreuses et disposées différemment de celles des ailes antérieures, et les ailes antérieures et postérieures sont souvent de formes très différentes. Cet infra-ordre est également appelé « Frenatae » en référence au lobe ou à l'épine (frenulum) à la base de l'aile postérieure qui maintient cette dernière sous l'aile antérieure. Chez les sous-ordres et infra-ordres moins évolués, ce mécanisme de couplage est constitué d'un lobe situé près de la marge postérieure de l'aile antérieure (jugum), et c'est l'aile antérieure qui est maintenue au dessus-de l'aile postérieure.

L'infra-ordre des Heteroneura (Frenatae) contient les papillons diurnes et la plupart des familles de papillons nocturnes présentes au Canada. Le groupe le mieux connu parmi les infra-ordres plus primitifs est celui des hépiales (famille des Hepialidae, infra-ordre des Exoporia), qui compte 13 espèces au Canada. Chez un sous-groupe des Heteroneura, appelé Ditrysia, les femelles possèdent deux ouvertures sexuelles distinctes, une pour l'accouplement, l'autre pour la ponte. Chez les familles plus primitives, appelées collectivement « Monotrysia », les femelles n'ont qu'une ouverture sexuelle. Les hépiales (infra-ordre des Exoporia) demeurent une énigme pour les scientifiques, car elles ne présentent pas les caractéristiques fondamentales de l'infra-ordre des Heteroneura, et les femelles possèdent un appareil reproducteur de type « ditrysien » remarquablement similaire, sinon homologue, à celui observé chez les familles d'Heteroneura « plus évoluées » (c.-à-d. les Ditrysia). Le sous-groupe des Ditrysia inclut environ 98 % des quelque 6 500 espèces de papillons diurnes et nocturnes répertoriées au Canada.

Parmi les Ditrysia, le groupe le plus imposant et le mieux connu est celui des Macrolépidoptères. Au Canada, le groupe des Macrolépidoptères est composé des six superfamilles suivantes : Hesperioidea (hespéries), Papilionoidea (papillons diurnes véritables*), Geometroidea (principalement les arpenteuses de la famille des Geometridae), Mimallonoidea, Bombycoidea [Saturnies (famille des Saturniidae) et livrées (Lasiocampidae)], les sphinx (Sphingidae) et Noctuoidea [principalement les vers-gris et les noctuelles ponctuées (famille Noctuidae), les arctiides (famille des Arctiidae) et les orgyies et spongieuses (famille des Lymantriidae)]. Selon certains systématiciens (p. ex. Brock, 1971), les Macrolépidoptères constituent essentiellement un groupe artificiel de familles qui englobent des espèces de plus grande taille présentant une intégration plus marquée des structures imaginales et nymphales mais ne partageant pas nécessairement une origine commune. Plus récemment, Scott (1986) et Minet (1991), se fondant principalement sur des détails se rattachant à la forme et à la structure des sclérites à la base des ailes, ont émis l'hypothèse que les Macrolépidoptères dérivent d'un ancêtre commun.

Les spécialistes s'interrogent depuis plus d'un siècle sur l'identité de la famille des Macrolépidoptères qui est la plus étroitement apparentée aux papillons diurnes. Les données les plus probantes à ce jour donnent à croire que les papillons diurnes seraient apparentés à la famille des Hedylidae (Scoble, 1986; Scoble et Aiello, 1990; Minet, 1991), groupe de papillons nocturnes néotropicaux autrefois rangés dans la famille des Geometridae mais aujourd'hui placés dans leur propre superfamille (Hedyloidea).

* Terme que l'on emploie pour désigner les membres de cette superfamille afin de les différencier des hespéries; les membres des deux superfamilles sont des papillons diurnes.

© 2003. Traduit de l'anglais avec la permission de Ross A. Layberry, Peter W. Hall et J. Donald Lafontaine (The Butterflies of Canada, University of Toronto Press; 1998). Photos de spécimens courtoisie de John T. Fowler.

La Toronto Entomologists' Association remercie Agriculture et Agroalimentaire Canada d'avoir fourni le contenu et le code informatique de cette page web.